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République démocratique du Congo - Éducation après 50 ans d’indépendance Version imprimable Suggérer par mail

Voici un témoignage remettant l'analphabétisme en République démocratique du Congo dans une perspective historique de l'éducation dans ce pays.

République démocratique du Congo

Éducation après 50 ans d’indépendance

En RD Congo, depuis l’époque coloniale, l’éducation au Congo avait été sélective. Elle appartenait à l’Église Catholique, religion d’État. Celle-ci, de manière limitée, a priorisé ses fidèles. La minorité issue de cette formation ecclésiastique avait formé un groupe d’Élite dite évoluée, avec carte de mérite civique, mais l’exclusion des païens et fidèles d’autres confessions n’a pas entraîné leur conversion ni pour l’Église ni pour l’école.

L’ignorance et la foi opposèrent une résistance aux desseins de l’impérialisme religieux.

Vers les années 1946, par l’UNESCO, la création des écoles protestantes, musulmanes et laïques dites officielles n’a pas sensiblement changé la situation d’Élite en ce qui concerne le nombre de fréquentations scolaires.

En 1960, après l’accession du Congo à sa souveraineté politique, l’État, qui avait la mission de lutter contre l’ignorance entretenue par le colonisateur, a entrepris une série des reformes concernant même les adultes, mais les effets ne se sont pas sentis sur le terrain.

Au sujet de l’éducation, il est à constater que, dans les accords Tchombe–Spaak, il été demandé au Congo de ne pas bouleverser l’ordre hérité de la colonisation. Le programme d’enseignement belge, exécuté pendant la colonisation, a continué jusqu’à 1972. À cette date, lorsque le gouvernement avait pris plusieurs mesures sur la zaïrianisation et la radicalisation, une loi, appelée cadre de l’enseignement, fut adoptée.

En substance de cette loi, il fallait abandonner l’enseignement d’Élite pour un enseignement de masse pendant un temps, en vue d’augmenter rapidement le nombre de cadres. La durée de 5 ans a été oubliée et, à trop regretter l’enseignement actuel au Congo, n’a plus de fin, la qualité ayant régressé.

Le drame, qui est venu anéantir tous les efforts jadis entrepris, commença depuis les années 1980, quand l’État congolais a failli à ses obligations en abandonnant, aux pauvres parents, de prendre leurs enfants en charge au sujet de la paie des enseignants.

Comme si cela ne suffisait pas, la guerre de l’AFDL en 1996 et autres, suivies d’un cortège de pillages, assassinats, etc. sont venus s’ajouter. La conséquence immédiate est que, dans plusieurs villages de ce pays, 80 pour-cents des jeunes adultes de 18 ans à 25 ans sont analphabètes. Les partenaires féminins sont les plus concernés de part les préjudices culturels. Pour ce qui est de la RD Congo, la situation n’est pas satisfaisante avec ses 18 millions d’analphabètes. L’analphabétisme y constitue un enjeu critique et le pays est classé parmi les 35 où l’analphabétisme représente un danger public.

Il est vrai que, devant ce défi, quelques réalisations sont accomplies à travers le pays, avec l’appui de banque africaine de développement "BAD", et la sensibilisation et formation des éducateurs au centre de rattrapage scolaire, avec l’appui de l’UNICEF et autres partenaires de l’éducation.

Conclusion

L’éducation comparée du Congo, avec d’autres organisations partageant la même vision, militent pour l’éducation des jeunes et adultes. Il faut ouvrir plusieurs centres d’alphabétisation et éducation pour les adultes, mais la sensibilité du gouvernement reste faible. Le budget est trop bas et se volatilise au niveau des instances politiques.


Pour la RD Congo,

Muzinga Ngolera Pierre.
Tél. : +243 997787182

Bukavu – RD Congo,
08 juin 2010.

 
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